La broderie de Lunéville s'exécute sur des tissus transparents, comme l'organza de soie, ou le tulle, mais aussi sur toutes sortes d'autres tissus
opaques, ici la soie dupion.
C'est un vrai challenge, car travaillant sur l'envers, on ne voit pas ce que l'on fait sous le tissu qui est en fait l'endroit du travail.
La main droite crochète comme sur la photo de dessous :
Tandis que la main gauche, sous le métier, pousse et place perles et paillettes montées sur un fil, comme la photo de dessous le montre à peu près :
Voici l'état d'avancement de mon ouvrage, toujours un modèle de Carole Magne, sur lequel je vais ensuite broder les paillettes qui ornent les
fleurs.
La principale difficulté, hormis la technique proprement dite, c'est de ne rien y voir ! Aussi on crochète bien souvent deux perles en même temps ou pas
de perle du tout.
Faire et défaire, telle est la question ..... et Pénélope en sait quelque chose !
Si on résume, les perles sont brodées à l'envers du tissu et le passé plat à l'endroit du tissu, obligeant constamment la brodeuse à tourner et retourner son
ouvrage.
Ce qui est intéressant dans cette technique que je nomme "à l'aveugle", c'est qu'elle fait appel au toucher, plus qu'aux yeux. En broderie "toucher" est essentiel, je dirais même que c'est une
part du plaisir.
Qui n'a pas caressé avec volupté un tissu soyeux ou une broderie brillante.
Finalement, nous brodeuses, sommes des hédonistes n'est-ce pas ?
Ninie folies