Dimanche 23 décembre 2007
Broderie de Lunéville, mais keskecékeça ?
Visualisez dans votre tête (mais oui, mais oui ! c'est posssible, même à Noël) les défilés de Haute-couture de Dior, Lacroix, Chanel,Valentino, Ungaro et j'en
passe. Vous les voyez ?
Bien, maintenant zoomez sur les somptueuses broderies qui ornent les vêtements. Voilàààààààà...
Ce sont des grands noms de la broderie d'art tels que Lesage qui crééent les broderies à partir des dessins et des desideratas des grands couturiers. Ensuite
les brodeuses s'activent à l'aiguille et au crochet de Luneville pour ces merveilles scintillent.
Au commencement était le verbe... oups ! Je m'égare. Au commencement, était l'aiguille. Elle utilise deux mouvements : je passe l'aiguille à travers le tissu et je repasse l'aiguille pour revenir
sur le dessus du tissus. Après réflexion, l'idée d'économiser un mouvement jaillit en utilisant une technique venue, selon les historiens, de Chine, ou d'Inde : Il s'agit d'un crochet, très fin.
Il permet d'effectuer une chaînette très rapidement, puis d'incorporer perles, paillettes et sequins. Pour ceux qui aiment l'histoire, j'écrirai un petit article sur l'histoire même de la
broderie Luneville, car elle mérite vraiment de s'y arrêter.
Le crochet de Luneville ressemble à cela. Le premier est en bois blanc simple, le second est en bois de rose :
C'est un manche en bois dans lequel on glisse une aiguille à la pointe en forme de crochet. Cette aiguille est initialement fabriquée pour une machine
mécanique, la Cornély. Il existe plusieurs tailles. De la plus fine à la plus grosse 70, 80, 90, 100 et même 120. En Luneville on utilise usuellement 80 et 70.
Tout l'art du Luneville consiste à travailler sur l'envers du tissu pour crocheter les paillettes, perles et sequins que l'on tient, habilement, cela
s'entend, sous le tissu.
Voici le dessus de métier qui est en fait l'envers du motif. La main droite tient le crochet.

On voit en transparence sous l'organza de soie, la main gauche qui tient le fil sur lequel sont enfilées perles, paillettes ou sequins. On peut également faire
du fil tiré qui est l'équivalent du passé plat à l'aiguille.
Voici maintenant le dessous du métier. C'est donc l'endroit de la broderie :

Ce n'est pas une technique facile, mais broder ainsi est un vrai régal dont je n'arrive plus à me passer. Ajoutez un peu de chocolat et un bon thé au lait, Lapsang-souchong de Fortnum and Mason
de préférence, je suis au Nirvana....
Le résultat donne ceci, bien que ce ne soit pas encore terminé :

C'est un modèle de Carole Magne, chez qui je prends des cours. Allez voir son site, c'est un excellent professeur et une véritable artiste :
http://ateliercarolemagne.monsite.wanadoo.fr
Si vous vous demandez à quoi ressemble l'envers, le voici un peu flou :

Voilà donc en quelques mots la broderie au crochet de Luneville.
Si on est doué, on peut aller vite et le résultat est particulièrement gratifiant.
En tout cas, moi je suis totalement "addicted"
Ninie folies